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Cépage Genouillet


Le Genouillet est caractérisé par des feuilles à trois ou cinq lobes, à dents moyennes, des grappes cylindriques et compactes et des baies de forme arrondie, de taille moyenne.

L’invasion du phylloxéra le fait rapidement disparaître des vignobles berrichons dès la fin du XIXème siècle, où il est remplacé par des hybrides plus productifs et moins gourmands en main d’œuvre et en intrants.

Son nom de Genouillet viendrait de l’aspect coudé de ses sarments, semblable à des genoux.

Le Genouillet donne des vins frais et légers, aux notes de fruits rouges et d’épices. Les vinifications récentes ont été peu nombreuses et toute l’ampleur de sa palette d’arômes reste encore à redécouvrir.

Majoritaire dans les vignes berrichonnes au XIXème siècle, il était réputé donner d’excellents vins de garde, les meilleurs du Berry. Selon certains, le Genouillet ne serait autre que le Biturica, qui fut fort apprécié par Jules César lors de son passage en Gaule. En 1958, on n’en recense déjà plus qu’à peine deux hectares. Peu après, il est totalement éliminé du vignoble, hormis 3 pieds qui résistèrent dans une vigne paysanne, près d’Issoudun, et furent repérés par Paul Dufour. Mis en sécurité à la vigne conservatoire de Tranzault, il est inscrit en 2011 au catalogue officiel, au terme de plusieurs années d’expérimentations et de démarches administratives. Cette inscription fut le feu vert pour des plantations chez plusieurs vignerons.

En 2015, on recensait 1,8 hectare de Genouillet, dans l’Indre et dans le Cher. Il n’est autorisé dans aucune appellation. De nouvelles plantations sont en cours. Le Genouillet doit être maîtrisé pour exprimer son potentiel qualitatif : les rendements sont limités à 35 hL/ha.

Sans une valorisation des vins issus de ce cépage, il sera impossible de sauvegarder cette variété, dont l’intérêt organoleptique n’est pas à démontrer ; à défaut, il deviendra une simple curiosité à l’intérieur d’un conservatoire. La dynamique actuelle de plantation est freinée par la difficulté à obtenir des autorisations de plantation pour des vins sans Indications Géographiques (le Genouillet ne peut revendiquer aucune appellation). Ce cépage typiquement berrichon peut par ailleurs permettre de redonner vie à la vigne dans des territoires complètement marginalisés dans l’après phylloxéra : c’est le cas actuellement sur la vallée de la Creuse.

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Illustrations : Roch Bourgoin